El12 – Le beau risque

Publié le 10 février 2012 par La Rotonde

Article de Catherine Genest paru dans le Voir, le 9 février 2012

Myriam Allard: "Si on a choisi la Bordée, c'est tout simplement parce que c'était la salle qui convenait le mieux à nos projections vidéo, qui requièrent beaucoup de profondeur."

Audacieux et résolument moderne, El12 ose un flamenco à mille lieues du folklore. Un spectacle vibrant d’émotion et loin des clichés, qui réunit danse et musique live sur une même scène.

Commandé par l’organisme montréalais Danse Danse, qui était tombé sous le charme de MuE_s en 2008, El12 est une chorégraphie de flamenco contemporain qui se tient loin des robes rouges, des fleurs dans les cheveux et des « olé! ». « Pour ce spectacle, Danse Danse nous a donné carte blanche en nous promettant trois semaines à la Place des Arts. Eux, ils ont pris un risque et nous, on a décidé de plonger sans se poser de questions malgré la forte pression qu’on ressentait à ce moment-là », raconte Myriam Allard, qui cosigne cette production présentée pour la première fois en 2010. Un spectacle ayant pour thème le temps et spécialement le chiffre 12. D’abord pour la structure rythmique du flamenco basée sur ce chiffre, mais aussi pour les 12 mois de l’année et les 12 heures de l’horloge.

Bercé par la voix du chanteur Hedi Graja, aussi idéateur de la thématique du spectacle, El12 est en fait une production multidisciplinaire qui allie musique, chant, danse et vidéos. « Si on a choisi la Bordée, c’est tout simplement parce que c’était la salle qui convenait le mieux à nos projections vidéo, qui requièrent beaucoup de profondeur », confie la chorégraphe et danseuse, qui estime que El12 a été un tremplin pour sa compagnie. Un succès critique et populaire qu’elle attribue à l’élément de théâtralité qui occupe une place importante dans le spectacle.

Formée en Espagne dans les écoles traditionnelles de flamenco, la native de Québec avoue être partie là-bas sur un coup de tête après seulement une session de cours amateurs. « J’ai senti que c’était pour moi. Et quand j’y repense, c’était complètement absurde. »

Absurde ou pas, la décision marque un tournant dans sa vie. C’est à ce moment-là (en 1998) qu’elle rencontre Hedi, lui aussi étranger en sol espagnol, avec qui elle tisse rapidement une grande complicité. Mais ce n’est pourtant qu’en 2005 qu’ils s’unissent pour préparer une première production autoproduite intitulée Declaración en idioma flamenco.

Sept ans plus tard, Myriam Allard croit que Hedi et elle ont su développer un style plus personnel, une esthétique propre à La Otra Orilla. Une évolution, pour reprendre ses mots, qui plaît vraisemblablement au public puisque El12 sera présenté 17 fois dans 11 villes différentes du Québec cet hiver.

Source : Voir, Catherine Genest

 

 

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