P.artition B.lanche: partitions infinies, par Robert Boisclair

Publié le 14 février 2018 par Valérie Roussel

Une chorégraphie haroldienne (d’Harold Rhéaume) originale et audacieuse qui propose des partitions infinies. Un spectacle qui ne laisse pas indifférent et qui en surprendra plus d’un.

Une critique de Robert Boisclair

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P.artition B.lanche 4 - Le Fils d'Adrien Danse
Crédit photo: Le fils d’Adrien Danse

Audacieuse et originale
La scène est complètement nue. Les pendrions et le rideaux de scène sont absents. Tout est noir. Les six interprètes entrent en scène tout de noir vêtu. Le spectacle débute. Pas une seule note de musique. Que des danseurs. Et des respirations. La valse des partitions prend son envol. Quelques gestes puis une pose. D’autres mouvements. Une nouvelle pose. Les partitions s’enchaînent. Toujours le même scénario. Puis les partitions prennent une nouvelle modulation. La musique s’insinue et le rythme change. Mais les moments de pause continuent occasionnellement.

P.artition B.lanche 3 - Le Fils d'Adrien Danse
Crédit photo: Le fils d’Adrien Danse

Une production audacieuse et originale. Originale par son approche: des chorégraphies blanches et une implication du public dans le processus de création. Partir de chorégraphies blanches que les interprètent doivent apprendre, parce qu’au final chacun peut interpréter une des chorégraphies blanches et remixées avec les commentaires du public, n’était certainement pas une tâche facile. À tout le moins cela demande un changement d’approche chorégraphique.

Audacieuse parce que le résultat n’était pas garanti. Un peu comme le vol à vue qui est toujours une sorte de pari risqué. Le vol peut bien se passer ou pas. Ici, le vol s’est bien passé et le résultat sort des sentiers battus.

Un spectacle qui colle au coeur et au corps
Inspiré du texte blanc et propulsé par de moult rencontres avec le public, P.artition B.lanche propose des partitions infinies et démultipliées. Un spectacle qui colle au coeur et au corps avec ses enchevêtrements de danseurs qui prennent la pose un instant. Le geste est fluide mais saccadé, tel un enchaînement d’instantanés. Le mouvement se met alors sur pause permettant au spectateur d’apprécier la grâce du danseur ou de la danseuse.

Un spectacle tout en ondulations. Les corps, véritables vagues humaines, se lient et se délient, s’entrechoquent, se mêlent devenant, l’espace d’un instant, une seule entité corporelle. Six danseurs ou un seul. Par moment, la distinction n’est pas évidente. Cela donne un sextette plein de vie où la collaboration est la clef. Ne faire qu’un pour mieux danser. Ou différemment. Un spectacle hors normes. Unique.

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Vous voulez en savoir plus sur le spectacle et le processus créatif d’Harold Rhéaume? Écoutez notre interview avec Harold Rhéaume ici (vers la quarantième minute de l’émission du 5 février).

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