Chroniques du regard 2017-18 No 17 BIGICO Soirée découverte de la gigue contemporaine

Publié le 4 mai 2018 par Mario Veillette

La BIGICO (Biennale de gigue contemporaine) présente une soirée-découverte incluant huit courtes chorégraphies. Métissant l’art traditionnel de la gigue avec d’autres formes plus contemporaines de danses scéniques, le spectacle met en scène six danseurs et sera présenté trois soirs à La Maison pour la danse.

BIGICO - Espace 2016 - Crédit Valérie Sangin

 

« BIGICO » c’est pour vous si vous aimez les découvertes.

 

 « BIGICO » c’est pour vous si vous êtes curieux de voir de nouvelles utilisations et l’évolution d’un art traditionnel.

 

« BIGICO » c’est pour vous si vous êtes intéressé aux multiples tangentes que peut prendre la danse contemporaine.

 

 

Le spectacle

D’une durée totale de 75 minutes, le spectacle est composé d’une suite de chorégraphies dont les durées individuelles oscillent entre cinq et douze minutes. Dans ce spectacle aux esthétiques variées, se retrouve un vaste éventail des préoccupations générales, stylistiques et conceptuelles de jeunes chorégraphes actuels intéressés à l’évolution et au métissage de la danse contemporaine.

Dans les différents numéros, on retrouve un chassé-croisé d’interprètes: certains danseurs sont interprètes de leur propre solo, d’autres sont mis en vedette dans les œuvre d’un.e chorégraphe absent.e de la scène, d’autres enfin ont co-chorégraphié un duo dont ils sont aussi les interprètes.

 

L’organisme

Sous la responsabilité de son directeur Lük Fleury, BIGICO est un organisme montréalais fondé en 2005 qui vise l’élaboration et la présentation d’un nouveau langage chorégraphique. Ses créateurs, chorégraphes et interprètes sont issus d’horizons variés. Certains ont été formés par les canaux de la danse folklorique traditionnelle, d’autres ont été formés dans des centres de formation supérieure en danse (ballet ou contemporain) et d’autres, enfin, sont des universitaires détenteurs de maîtrise en danse.

Les recherches, spectacles et événements de BIGICO proposent un regard novateur sur un art traditionnel et les créateurs impliqués dans l’organisme souhaitent s’exprimer afin que la gigue reste vivante, vibrante et percutante. Qu’elle devienne danse de création, une « gigue d’art » sans cesse régénérée, objet de recherche au cœur d’un processus de modernisation lui permettant une reconnaissance dans la panoplie des pratiques dansées du XXIe siècle. Cette modernisation de la gigue implique un processus courant en création chorégraphique : le métissage.

 

BIGICO 2-Crédit Valérie Sangin

 

Métissage et hybridation en danse contemporaine

Dans différents processus de création chorégraphique en danse contemporaine, on peut observer que les démarches artistiques suivent souvent les mêmes trajectoires. Peu importe le langage gestuel utilisé, qu’il soit restreint à un seul type de vocabulaire ou vise le métissage de plusieurs vocabulaires (pour les chorégraphes de BIGICO, il s’agit d’intégrer certains éléments de la gigue traditionnelle dans une recherche d’actualisation de la forme), le chorégraphe contemporain doit inventer son propre langage gestuel.

Dans certaines présentations récentes d’artistes québécois par La Rotonde, une partie des questionnements créatifs concernant l’actualisation et le métissage ont déjà pu être observés. Entre autres chez des chorégraphes qui exploraient, pour la création de leurs spectacles, des univers et des sources tirées de techniques de danse spécifiques (danses urbaines dans LIENS), d’autres formes d’art (peinture et arts visuels dans LE CRI DES MÉDUSES) ou même d’autres pratiques théâtrales (concert dans CON GRAZIA, art clownesque dans TENDRE et performance dans INFINITY DOUGHNUT).

Les chorégraphes de BIGICO n’échappent pas à cette démarche de métissage ou d’hybridation. Leurs sources d’inspiration sont variées et leurs produits sont indéniablement tributaires de leur propre sens artistique, de leurs influences stylistiques et de leur personnalité de créateur.

Les huit œuvres composant la soirée présentée par BIGICO ont été créées par des artistes possédants divers niveaux d’expérience et chacune des chorégraphies de ce buffet artistique ne sera pas détaillée individuellement. Ce sera au spectateur de recevoir, de déceler et d’isoler les différentes composantes qu’il pourra observer dans cette soirée découverte (et qu’il a déjà pu observer dans les spectacles nommés plus haut). Toutefois, quelques pistes d’observation et éléments d’analyse sont proposés ici.

Le but de toutes ces interrogations, qui peut sembler lourd, est de permettre une meilleure compréhension du produit chorégraphique. Mais ce processus de questionnement peut, et doit, rester léger. Cette recherche de sens peut aisément rester non exhaustive et laisser toute la place à l’émerveillement. Elle ne doit surtout pas couper le spectateur du simple plaisir d’assister au spectacle en profitant de l’effet d’entrainement et de bonheur qu’apporte une danse effectuée en direct. Car il y a toujours de la magie dans l’acte de danser.

 

 

Les choix chorégraphiques

L’art chorégraphique (la fabrication d’une danse scénique) étant un processus de choix et de prises de décisions, nous pouvons donc observer sur scène le résultat des choix effectués quant aux éléments suivants : le format; l’utilisation d’accessoires, de la lumière et de l’accompagnement sonore; les approches chorégraphiques; le vocabulaire gestuel ainsi que les sentiments et effets recherchés.

Concernant les formats présentés. Si on compare les solos et de duos : Quel est l’impact du deuxième partenaire en tant qu’élément essentiel de la chorégraphie ?

Concernant les durées des chorégraphies : Comment se comparent-elles par rapport aux durées des danses traditionnelles? Et par rapport aux chorégraphies actuelles de jeunes chorégraphes dans des soirées semblables?

Concernant les quelques accessoires utilisés dans les différentes chorégraphies : Comment sont utilisés les fers des souliers de gigue traditionnelle? Quelle est l’utilisation des planchers de bois servant à amplifier le son ? Retrouve-t-on des accessoires inhabituels ou rarement utilisés ? Ou des accessoires dont l’utilisation semble inhabituelle?

Concernant les jeux d’éclairage : Comment sont-ils utilisés ? Couleurs et ambiances, formes au sol, effet d’isolation de l’artiste ou de son activité dans un fond noir abyssal, etc.?

Concernant les différentes approches chorégraphiques : Existe-t-il un quatrième mur ou pas? Les structures chorégraphiques sont-elles en forme de cycle, de boucles, de forme ABA? Les  concepts chorégraphiques incluent-ils la construction de personnages? Permettent-ils une certaine forme d’humour? Dans les duos, comment se fait le développement relationnel entre les partenaires?

Concernant les types de mouvements mis en scène : Quelle est la proportion de mouvements quotidiens VS stylisés? Et celle entre le vocabulaire codifié VS la recherche d’originalité? Peut-on déceler une préférence vers la symétrie dans le corps ou dans l’organisation spatiale? Peut-on déceler un effort de déconstruction-reconstruction des modèles traditionnels?

Concernant l’utilisation des musiques et bandes sonores : Quelle est l’utilisation de musiques traditionnellement rattachées à la gigue? Quelle est l’utilisation de musiques non-traditionnelles? Ou l’accompagnement sonore avec autre chose que de la musique?

Finalement, si on s’intéresse particulièrement aux sentiments qui portent l’interprétation des danseurs : Quels sont-ils? Comment sont mes réactions? Quelles émotions sont éveillées en moi devant ces performances?

 

Les artistes impliqués et leurs notes biographiques en hyperliens:

LÜK FLEURY 

OLIVIER ARSENEAULT 

BENJAMIN HATCHER 

SANDRINE MARTEL-LAFERRIÈRE

PHILIPPE MEUNIER

MARIE-ÈVE TREMBLAY

MÉLISSANDRE TREMBLAY-BOURASSA

ANTOINE TURMINE 

IAN YAWORSKI 

 

Liens externes :

Vous pouvez trouver une liste des activités récentes de BIGICO sur le site web de la compagnie  ainsi que des images de spectacles sur sa chaine vimeo.

 

Photos : Valérie Sangin

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