The Black Piece: noir désir | Critique | Les Enfants du paradis

Publié le 2 novembre 2018 par Laurence Bégin

The Black Piece, Ann Van den Broek, WArdwaRD, photo Maarten Vanden Abeele-70

The Black Piece est une invitation à célébrer le noir sous toutes ses formes. Une magnifique aventure en émotions et en sensations de toutes sortes. Un spectacle ambivalent, déstabilisant et magnifiquement prenant qu’il faut absolument voir!

Célébrer le noir

Ce spectacle, qui s’ouvre dans la profondeur de la nuit avec ses bruits étranges, ses rires diaboliques et son inquiétante noirceur, plonge le spectateur dans les craintes de la nuit. Claustrophobes s’abstenir puisque la chorégraphie débute dans une salle plongée dans l’obscurité la plus complète.

Alors que le vent siffle dans la nuit, le spectateur éprouve ses premières émotions: l’angoisse, la peur mais aussi la fébrilité de la découverte. La célébration du noir ne fait que commencer. Elle prendra toutes les teintes imaginables. Se drapera de mystère, de sensualité ou d’exotisme.

Le noir sera complet, ombragé ou légèrement éclairé. Occasionnellement il disparaîtra complètement, plongeant les danseurs dans une clarté éclatante. La nuit cède le pas au blanc lumineux l’espace d’un court moment. Les artistes peuvent alors briller de tous leurs feux et offrir un spectacle plus rythmé, plus dynamique et tout en opposition aux chorégraphies offertes dans les moments de noirceur.

La danse du doute

Danser dans le noir sème le doute dans l’esprit du spectateur. Que voit-il exactement? Que saisit-il de ce mouvement entr’aperçu? Ses sens sont aux aguets. Il écoute autant qu’il perçoit. Il peut même fermer les yeux pour voir le spectacle, car ici l’ambiance sonore est aussi importante que le mouvement. L’environnement sonore crée l’ambiance, précise l’univers ou le mystifie encore plus. Le doute, toujours le doute, qui s’insinue et l’émotion qui s’empare du spectateur.

Furtives silhouettes

Les magnifiques artistes ne sont bien souvent que de furtives silhouettes. Ils sont découverts à la dérobée et à la lueur d’une lampe de poche. Ils squattent l’entièreté de la salle, la scène et les estrades compris, comme s’il s’agissait d’une grande boîte noire à occuper. On ne sait jamais d’où sortent les artistes, d’où viendra la surprise ou le danger.

Une caméra zoome occasionnellement un visage, un corps en mouvement ou en transe. Puis zapping rapide sur un autre visage ou corps. Toute la complexité de l’anatomie humaine s’offre au spectateur dans une superbe et éclatante farandole. Les contraires s’attirent: interprètes et public sont à la fois proches et distants, l’obscurité côtoie la lumière. De la danse hors norme que vous ne reverrez pas de sitôt.

Allez-y surtout si vous aimez: la couleur noir, être déstabilisé, les ambiances glauques, la nuit noire, les spectacles ambivalent.

 

Lire la critique complète de Robert Boisclair, dans le blogue Les Enfants du paradis, le 2 novembre 2018.

Photo : Marteen Vanden Abeele

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