La Rotonde
Décès de Martine Époque, une des mères de la danse contemporaine québécoise

Décès de Martine Époque, une des mères de la danse contemporaine québécoise

22 janvier 2018

Son nom, Martine Époque, est méconnu. Elle est pourtant, auprès des Jeanne Renaud et Françoise Sullivan, une des mères de la danse contemporaine d’ici, et c’est toute une communauté qui est frappée par le deuil suite à son décès soudain, le 18 janvier.

Chorégraphe, grande pédagogue, cofondatrice de l’Agora de la danse, cofondatrice du Département de Danse de l’UQAM, fondatrice et chorégraphe au Groupe Nouvelle Aire, la scène de la danse ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans son apport, créatif et structurel.

                                                                                      Photo: Jacques Grenier, Archives Le Devoir, Martine Époque en 2007

« Quand les arts au Québec ont vraiment bouillonné, Martine Époque était présente, et tout le monde, pratiquement — chorégraphes comme interprètes — venait de passer par sa compagnie, explique l’historien de la danse Philip Szporer. Je crois, objectivement, que Groupe Nouvelle Aire a donné des racines et permis l’éclosion ce qu’on voit aujourd’hui sur la scène de la danse contemporaine. C’était un lieu non seulement d’enseignement, mais de ressourcement artistique. »

Fondée en 1968, trois ans après qu’Époque, née dans le sud de la France, ne soit arrivée au Québec d’abord pour enseigner la rythmique (Dalcroze) et la danse à l’Université de Montréal, la compagnie verra passer, comme chorégraphes ou interprètes, Louise Lecavalier, Daniel Léveillé, Daniel Soulières, Paul-André Fortier, Édouard Lock, Louise Bédard, Ginette Laurin, Michèle Febvre, et bien d’autres encore, qui brilleront ensuite, sur scène ou comme pédagogues. Et qui y brillent encore.

« La plupart des grands noms qui ont placé le Québec sur l’échiquier chorégraphique international ont fait leurs armes dans le formidable incubateur du Groupe Nouvelle Aire. Tous les talents pouvaient s’y exprimer et fleurir », rappelle la directrice du Regroupement Québécois de la Danse, Fabienne Cabado. […]

Pédagogue hors-norme

En 1980, Martine Époque entre à l’UQAM comme professeure, dans ce qui s’appelle alors le Regroupement théâtre et danse. Elle oeuvrera, avec Michèle Febvre, Sylvie Pinard et Iro Tembeck, à la fondation du Département de danse, qu’elle dirigera ensuite pendant plus d’une décennie, rappelle Manon Levac. « Ce n’est pas rien. Faire entrer la danse à l’université, c’était vraiment quelque chose », souligne la danseuse et actuelle directrice du département. […]

 

Lisez l’article de Catherine Lalonde dans Le Devoir, le 22 janvier 2018, ici.