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Événement Québec Danse : l’appel du corps

Événement Québec Danse : l’appel du corps

Maryse Damecour, Steve Huot, photo Pascal Ratthé

 

(Québec) À compter de dimanche et jusqu’au 3 mai, le milieu de la danse de la région de Québec se mobilise pour offrir à la population une trentaine d’activités intérieures comme extérieures, gratuites pour la plupart. Danse contemporaine, ballet, salsa, samba, tango, flamenco, baladi, gumboot, il y en aura de tous les styles et pour tous les goûts.

Plus qu’une simple programmation, l’Événement Québec Danse ressemble à une grande entreprise de séduction. «C’est une célébration», insistent les ambassadeurs Steve Huot, directeur général et artistique de La Rotonde, et Maryse Damecour, chorégraphe interprète.

Pendant près de deux semaines, on ouvre les portes, on rencontre les gens, on montre tout de la danse, fait-on valoir. «Ceux qui l’enseignent, ceux qui la pratiquent pour leur plaisir, ceux qui en ont fait leur profession, ceux qui par elle font avancer l’art, tout le monde est là pour en partager avec le public.»

Cours, ateliers, démonstrations, conférences, tables rondes, répétitions ouvertes et autres installations figurent à l’horaire.

L’Événement Québec Danse, c’est aussi un appel lancé à l’«humanité assise» d’aujourd’hui, tous ceux qui, comme vous et moi, ont tendance à oublier que le corps a besoin de s’exprimer.

Quand on dit que le milieu professionnel nous tend les bras, il ne s’agit pas seulement d’une image. «Est-ce que tu danses parfois?» demande Maryse Damecour au Soleil. Son intention n’est pas de nous prendre en défaut – ce qui est toutefois le cas! -, mais de nous faire comprendre qu’un spectacle de danse s’apprécie mieux quand on le regarde avec empathie.

Avec empathie, dites-vous? «Il est plus facile d’apprécier les choses quand on a déjà une expérience à laquelle les relier, explique la chorégraphe. C’est comme si tu parvenais à sentir physiquement ce que tu vois. On peut s’imprégner de l’histoire, ou parfois d’un certain état émotif, mais souvent, c’est sensoriel. Dans la salle, je ne suis jamais immobile, je suis l’écho de ce que je vois.»

Il faut donc danser? Plus que jamais! Dans ce monde d’ordinateurs et d’écrans de toutes sortes, réintégrer notre corps devient une sorte de besoin essentiel. Car c’est maintenant prouvé, paraît-il, qu’on ne réfléchit pas seulement avec notre tête, mais aussi avec nos organes, notamment le gros intestin, et que celui-ci serait même une sorte de deuxième cerveau.

Pour Maryse Damecour, on dirait bien qu’il y a là une cause humanitaire à défendre. «Pour l’équilibre et le bien-être de la société, j’aimerais que les gens soient plus en contact avec leur corps. Depuis 2006, ma vie, c’est la danse. J’ai réalisé que je ne peux pas faire une amélioration substantielle dans ma danse si je ne la fais pas dans ma vie. Pour moi, il n’y a pas de séparation entre le corps et le reste. J’aimerais ça, le donner à tout le monde.»

Comme jouer à la marelle

Dès demain, Steve Huot et Maryse Damecour vous invitent à participer à Trace chorégraphique, une activité extérieure organisée à la place D’Youville, de 11h à 15h. Trace chorégraphique est à la danse ce que la peinture à numéros est à l’art. Exécuter une séquence chorégraphique devient aussi simple que jouer à la marelle. Pour suivre le mouvement, on n’a qu’à poser les pieds sur les formes numérotées disposées sur le sol. Un interprète professionnel supervise les participants, un à la fois. On propose au même endroit et aux mêmes heures des classes d’initiation à différents styles de danse.

Ceux qui le désirent pourront prolonger l’expérience à La Rotonde, au 336, rue du Roi. De 15h30 à 17h s’y tient le Bloc.danse, un laboratoire de recherche, d’exploration et de création qui permet aux danseurs Josiane Bernier et Jean-François Duke de partager leur art sur le lieu même où ils le pratiquent tous les jours.

Le coup de coeur des ambassadeurs cette année demeure Le Papillon blanc, une activité portes ouvertes organisée à l’occasion de la journée internationale de la danse, le 29 avril à 14h15, au CHSLD du Faubourg (925, avenue Turnbull). On découvrira à cette occasion la démarche développée par Marie-Noëlle Goy et de Priscilla Simard, deux artistes qui, depuis plus d’un an, et grâce à la danse, vont à la rencontre des personnes en perte d’autonomie.

L’Événement Québec Danse rayonne sur tout le territoire de la ville de Québec, sur celui de la ville de Lévis, et jusqu’à Saint-Jean-Port-Joli. On peut télécharger la programmation complète en se rendant sur le site du Conseil de la culture

Source: Le Soleil, Richard Boisvert