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L’industrie de la danse sous la loupe – En 2009, 38 % des danseurs et chorégraphes ont tiré moins de 5 000 $ de leur travail en danse

L’industrie de la danse sous la loupe – En 2009, 38 % des danseurs et chorégraphes ont tiré moins de 5 000 $ de leur travail en danse

Article de Vanessa Guimond, paru dans le Journal de Montréal, le 24 juillet 2012

L’étude démontre, entre autres, la présence très marquée des femmes et des jeunes dans la profession, surtout à Montréal.

Il n’y a pas à dire, les danseurs et les chorégraphes québécois pratiquent leur métier par passion. Selon une étude publiée par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ), seulement une cinquantaine des 650 professionnels du milieu ont tiré de la danse un revenu supérieur à 40 000 $, alors que le salaire moyen des artistes était de 13 900 $, en 2009.

À la lecture des résultats obtenus par l’OCCQ, qui a interrogé l’ensemble des danseurs et chorégraphes québécois, nombreuses sont les données qui nous laissent croire que ces professionnels du mouvement sont dévoués à leur art.

D’abord, on apprend que dans la plupart des cas, les artistes doivent pratiquer d’autres activités afin de subvenir à leur besoin. S’ils ont un revenu personnel moyen de 27 600 $, sachez que pour 38 % d’entre eux, leur travail artistique ne leur a même pas permis de gagner 5 000 $.

Surprenant ? Pas autant que les statistiques qui révèlent qu’une fois que l’on soustrait les dépenses liées à la pratique de leur art, le revenu artistique moyen des artistes passe de 13 900 $ à 9 300 $. Ce qui est tout aussi choquant, c’est de constater que le tiers d’entre eux, après cette soustraction, n’ont réalisé aucun gain grâce à leur activité, et ce, même s’ils y ont consacré, en moyenne, 26 % de leur temps de travail.

« Ce qui est fascinant, c’est de constater que leurs autres activités, destinées à s’assurer un revenu correct, sont presque toujours liées à la danse, a affirmé Marie-Hélène Provençal, chargée du projet. De plus, parmi tout le temps qu’ils consacrent au travail, il y en a plus de la moitié qui est non rémunéré. Ce sont des signes que ce sont des gens passionnés. »

En effet, l’étude de l’OCCQ révèle que 54 % du temps de travail des danseurs et chorégraphes est consacré à l’entraînement, aux démarches de gestion de carrière ou à la participation bénévole à des productions, activités qui n’ont aucune valeur, au niveau financier.

Croissance maintenue

Même si elle met en lumière le caractère précaire du métier de danseur et de chorégraphe, la plus récente étude de l’OCCQ révèle tout de même que depuis 2006, l’évolution du marché de la danse « s’est traduite par une croissance du nombre de représentations et des revenus en billetterie jusqu’en 2009 ».

En 2010, 229 000 spectateurs ont payé pour assister à l’un des 725 spectacles de danse présentés dans la province. Les revenus de billetterie générés par ces représentations s’élèvent à 7,1 M$.

L’étude sur la danse professionnelle est la deuxième d’une série consacrée aux conditions dans lesquelles sont pratiquées différentes professions artistiques, au Québec.

L’an dernier, l’OCCQ a publié une recherche sur les écrivains, alors qu’en ce moment, elle analyse les données récoltées auprès des artisans du milieu des arts visuels.

« C’est un programme qui a été mis en place par les organismes publics, mais à la demande du milieu artistique, a expliqué Mme Provençal. Les gens avaient besoin de données précises par rapport aux conditions de travail des artistes. Il y avait un manque à ce niveau, et ce, depuis plusieurs années. »

• L’étude complète de l’OCCQ sur la profession de la danse au Québec est disponible à l’adresse : www.stat.gouv.qc.ca/observatoire.

Source : Le Journal de Montréal, Vanessa Guimond