La Rotonde
Rentrée-Danse : L’âge d’or

Rentrée-Danse : L’âge d’or

05 septembre 2013

Article de Catherine Genest paru dans le VOIR le jeudi 5 septembre 2013

Foutrement, Compagnie Virginie Brunelle, photo Marc Simard«La Rotonde est passée chez le notaire ce printemps et Première Ovation donne toujours un sérieux coup de pouce aux chorégraphes. Tout est en place pour une première moitié de saison qui restera gravée dans les annales.

Sa signature est forte et son œuvre s’étend au-delà des frontières du mouvement. Avec Là-bas, le lointain, Alan Lake avait créé la surprise en fin de saison 2011-2012 et su toucher le grand Lepage qui ne s’était pas montré avare d’éloges à la causerie post-représentation. Reprise à la demande générale, la pièce multidisciplinaire alliant danse et arts médiatiques se veut en fait une chorégraphie hautement athlétique précédée par un film d’une grande beauté. Un court métrage qui vient magnifier le travail des interprètes – dont les toujours charismatiques Brice Noeser et Esther Rousseau-Morin – grâce à une direction photo inspirée. Un digne héritier d’Harold Rhéaume à surveiller de près, un créateur qui promet lui aussi de mettre Québec sur la map et d’ajouter une couche de «bling» supplémentaire à la réputation danse de la ville qui brille déjà de mille feux.
Là-bas, le lointain
17, 18 et 19 octobre à 20 h
Salle Multi de Méduse

Bouleversante, presque misogyne, à fleur de peau. Virginie Brunelle crée comme on s’automutile en se portant violence, ou plutôt, en présentant des femmes faibles sous l’emprise d’hommes les aimant mal. Tout cela sans jamais s’interdire une certaine poésie portée par de doux enrobages musicaux contrastant avec la lourdeur du propos. Après Complexe des genres, la jeune artiste montréalaise en osmose avec son époque et sa génération se penche sur le triangle amoureux avec lucidité. Un portrait sans censure des tiraillements de la vingtaine, entre le sexe facile et l’envie d’aimer pour vrai.
Foutrement
7, 8 et 9 novembre à 20 h
Salle Multi de Méduse

Le doyen du butō est de retour. Mentor pour plusieurs, professeur pour une majorité d’interprètes formés à Québec, Mario Veillette trouve du temps cette saison pour une création de son cru. Une œuvre titrée Bach: Le mal nécessaire pour laquelle il s’entoure d’artistes aux visages familiers, des acteurs archi-impliqués du milieu de la danse à Québec comme Fabien Piché, figure masculine chouchou des chorégraphes depuis deux ou trois saisons. La musique de Bach – ça va de soi – et les interprètes Maryse Damecour et Annie Gagnon sont aussi au programme pour un spectacle qu’on imagine déjà d’une lenteur réconfortante.
Bach:Le mal nécessaire
28, 29 et 30 novembre à 20 h
Salle Multi de Méduse

Plus discret cette année – après avoir poussé la porte du Grand Théâtre en décembre 2012 et mis en mouvements Les chemins invisibles du Cirque du Soleil cet été –, Le fils d’Adrien s’offre un rôle de second plan avec Eaux, pièce dédiée aux tout-petits pour laquelle Rhéaume occupe le poste de répétiteur. C’est en fait Laurence Primeau-Lafaille et Audrey Marchand (Édredon) qui tirent toutes les ficelles de cette séance d’éveil en lumière, danse et musique.
Eaux
Du 4 au 13 octobre
Les Gros Becs
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Source: VOIR, Catherine Genest