Estelle Clareton / Perpétuelles migrations

Publié le 16 septembre 2010 par La Rotonde

Article de Fabienne Cabado paru dans voir.ca le 16 septembre 2010

Estelle Clareton - photo Stephane Najman

Estelle Clareton: "Je me rends compte qu'il n'y a pas vraiment d'autre solution que d'accepter d'être dans le mouvement entre deux endroits. Et la danse, précisément, est le lieu du mouvement."

La chorégraphe Estelle Clareton s’écarte un peu des sombres préoccupations de ses dernières créations pour mettre du soleil dans S’envoler. Une oeuvre ludique qui réunit une brochette de 12 interprètes de talent et qui s’inspire des comportements aviaires.

Pour Estelle Clareton, art et réalité sont intimement liés. La danse qui ne parle pas de la vie l’ennuie et c’est de ses préoccupations personnelles qu’elle s’inspire pour créer. En 2005, après avoir longtemps puisé aux sources de la tristesse, elle se branche sur la colère éveillée par la visite de camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale. Elle amorce alors la série des Furies censée comprendre 24 oeuvres de formes et de longueurs différentes. Sous-titrée Epsilon 5/24, S’envoler est la cinquième. Mais voilà que la roue a tourné et que l’adoption d’un petit Haïtien a transformé les humeurs de la chorégraphe.

« Depuis qu’il est dans ma vie, c’est une joie retrouvée qui me redonne le goût d’aller vers l’humour et me donne des ailes, reconnaît la maman de 41 ans. Je ne sais pas où je vais me rendre avec les Furies. C’est vrai que je n’ai peut-être pas besoin d’en créer 24, mais je sens qu’il y a encore de la furie dans cette pièce: elle est moins radicale, mais elle navigue quand même entre l’humour et le drame. »

Le drame, c’est celui de la difficulté à trouver sa place en ce monde et, pour cette Française d’origine, le tiraillement perpétuel entre l’appel de la terre natale et la reconnaissance des racines qui se sont développées en 24 ans de vie au Québec. D’où cet intérêt forcené pour les oiseaux migrateurs qui ont abondamment nourri la création. « Puis-je être vraiment libre si je n’ai pas de racines quelque part? s’interroge la chorégraphe. Au fur et à mesure que la pièce avance, je me rends compte qu’il n’y a pas vraiment d’autre solution que d’accepter d’être dans le mouvement entre deux endroits. Et la danse, précisément, est le lieu du mouvement. »

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