Le Patin Libre : lames en liberté par Caroline Décoste, Voir

Publié le 3 mars 2017 par Sandrine Lambert

Le Voir consacre une magnifique double-page à la compagnie Le Patin Libre qui présente Vertical Influences à Québec les 4 et 5 mars.

Photo: Alicia Clarke

Photo: Alicia Clarke

C’est presque plus facile de dire ce que Le Patin Libre n’est pas: ce n’est ni du patinage artistique, ni de la danse sur glace, ni de la danse contemporaine en patins. Pourtant, à voir Vertical Influences, on comprend tout ce que Le Patin Libre est.

Exit les paillettes, les visages hyper maquillés au sourire forcé et les jupettes à froufrous, clichés ultimes du patinage de fantaisie. Lorsque les artistes-patineurs de la troupe montréalaise Le Patin Libre embarquent sur la glace, c’est un art inédit qui se déploie sous les yeux des spectateurs. «Le patinage contemporain, c’est un peu ce que le cirque est à la gymnastique!» expose Pascale Jodoin, l’une des cinq membres de la troupe. «Ç’a été un truc complexe à nommer! On pourrait dire que c’est une forme de danse, car c’est le mouvement qui prime. Et contemporain, parce que c’est une façon actuelle d’utiliser un médium. Mais on hésite à dire que c’est de la danse contemporaine sur glace, parce qu’on ne transpose pas la danse sur la patinoire. C’est d’ailleurs ce qu’on reproche au patinage artistique classique: de faire un pastiche avec le tango sur glace, la valse sur glace…»

Conservateur, le milieu du patinage a d’abord mal réagi à la naissance du Patin Libre. «La troupe est née d’un désir de s’échapper des règlements, des contraintes, des compétitions. Il y avait ce désir de créer une nouvelle avenue pour le patin: quand tu es patineur professionnel, tu fais Disney on Ice et Holiday on Ice… et c’est tout! Certaines personnes attachées au patin traditionnel ont pu voir cette rébellion comme une attaque. Elles avaient peur… mais maintenant, elles viennent nous voir!»

Ce qui importait à la troupe fondée par Alexandre Hamel en 2005 et composée d’anciens patineurs de haut niveau, c’était d’identifier ce qu’elle avait d’unique à offrir au milieu artistique. «On a trouvé ce que les danseurs, les artistes du cirque ne peuvent pas faire: la glisse. Nous, on se déplace à 30 km/h en gardant le corps immobile! C’est cette grande idée qui a été intégrée dans nos recherches chorégraphiques.» Puisque, comme le dit le proverbe, nul n’est patineur-prophète en son pays, c’est en Europe que les patineurs (Samory Ba, Jasmin Boivin, Taylor Dilley, Alexandre Hamel et Pascale Jodoin) ont d’abord trouvé un intérêt pour leur création.

«On a eu beaucoup plus de succès à l’international [“A breath of fresh ice”, titrait The Guardian] qu’au Québec. On trouvait ça difficile de s’exiler pour trouver des opportunités, mais avec le recul, on se rend compte que ça nous a poussés à être plus créatifs dans notre travail. Maintenant, on sent plus d’ouverture au Québec.» C’est le cas de La Rotonde, diffuseur spécialisé en danse contemporaine, qui inclut le programme double Vertical Influences dans sa saison 2016-2017 en coreprésentation avec le Grand Théâtre de Québec. Et puisqu’il faut une patinoire, c’est celle de Val-Bélair qui accueillera la troupe. Un lieu surprenant pour une création qui l’est tout autant.

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Source: Caroline Décoste, Voir.

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