HAROLD RHÉAUME : ONDULATIONS POLYPHONIQUES

Publié le 7 février 2018 par Valérie Roussel

Un procédé de création inusité, né d’un puissant désir de communion. Le chorégraphe Harold Rhéaume fait à nouveau le pont entre son art et le public avec P.artition B.lanche, une pièce délicatement brodée en résidence.

La notion de partage est au cœur de ses œuvres. On pense à ses spectacles extérieurs (Le fil de l’histoire, Je me souviens) qui, déjà, permettaient au chorégraphe de Québec d’établir un contact, de tisser des liens avec le grand public, afin d’amener ce dernier à démystifier la danse, cette forme d’expression souvent boudée, car mal comprise.

C’est ce besoin de cohésion qui a inspiré Harold Rhéaume à créer différemment. P.artition B.lanche est le fruit d’un travail méticuleux développé en résidence, où les spectateurs figuraient au cœur du processus, émettant réflexions, commentaires et questionnements. Des apprentis chorégraphes, en quelque sorte. «Mes danseurs sont très généreux. Ils ont accepté de faire ce genre de processus de création, ouvert avec le public. Ç’a amené des échanges très riches entre les spectateurs et l’équipe de création.»

Ouvrir le dialogue avec le public, afin de percevoir ce qui le touche, ce qu’il ressent, ce qu’il aime (ou pas). Ces rencontres ont non seulement permis à Rhéaume de récolter suffisamment de matériel pour compléter sa création, mais aussi de tâter le pouls et constater en simultané les impacts de ses actes. «Les gens pensent que c’est facile, la danse. C’est tellement fluide, ça coule… Mais il y a vraiment beaucoup de travail derrière ça. Un simple changement d’éclairage peut affecter la lecture, la compréhension de la pièce.»

Partition Blanche 3 - Photo Le fils d_Adrien danse
photo : Le fils d’Adrien danse

Les résidences de création, implantées dans quelques villes de la région de Québec en 2016-2017, ont également adouci le choc de la première. «Ça enlève un peu la nervosité qu’on a quand on est sur scène.» Toutefois, les danseurs ont dû s’ajuster et partager leur chorégraphe avec le public. «Au début, c’était une adaptation, mais très vite, ils ont vu les bienfaits que ça apportait à l’expérience, et à eux aussi.»

Concerto pour deux

Un territoire virginal, immaculé, où tout est à forger, à construire; où la peur de l’inconnu est rompue par l’imprévisible et la spontanéité. Puis, la rencontre entre deux êtres. Entre deux corps. Interaction. Entrelacement. Mouvement.

Cet élan qui mène à la relation avec l’autre est le fondement de l’œuvre de Rhéaume. «Je pense qu’avec le processus de P.artition B.lanche, il y a quelque chose de cet ordre-là, d’interdépendance, ou plus une forme d’attachement, de développer avec le public une relation de confiance avec l’artiste de la danse», raconte le chorégraphe passionné et voué au développement de son art. «J’avais un besoin encore plus grand de parler d’empathie, de parler de partage, de faire ensemble, de construire ensemble un monde meilleur. Dans P.artition B.lanche, c’est particulièrement présent.»

Sa nouvelle pièce porte donc en elle la trace de toutes ces âmes qui ont pris part à ce grand «potluck» créatif. Un processus unique, selon le fondateur de la compagnie Le fils d’Adrien danse. «Je ne connais aucun autre chorégraphe qui a créé une pièce complète à 80% devant public. Il y a un côté un peu novateur dans ça, mais c’est très à l’image de ma démarche artistique.»

Symphonie charnelle

Talentueux et prolifique – il a mis sur pied près d’une vingtaine de créations –, Harold Rhéaume est non seulement chorégraphe et interprète, mais il cumule les titres d’enseignant, de conférencier, d’animateur et de conseiller artistique. Il a également produit une myriade de chorégraphies pour des théâtres, des opéras, des écoles, des maisons de danse et d’autres grosses pointures du milieu culturel.

Partition Blanche 2 - Photo Le fils d_Adrien danse
photo : Le Fils d’Adrien danse

Lisez l’article de Julie Bouchard dans le Voir de février 2018, ici.

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