«Running Piece»: marathon psychique | Critique | Le Soleil

Publié le 18 octobre 2018 par Laurence Bégin

Running Piece - par Le Soleil

CRITIQUE / Lorsqu’on court, notre cerveau cesse de rouler. Les expirations rythmées, l’impact des pieds sur le sol et l’épuisement progressif nous saoulent peu à peu. Observer Fabien Piché courir, dans le spectacle de danse «Running Piece», suscite l’effet inverse : plus ses mouvements évoluent sur le tapis roulant, plus les métaphores s’accumulent et plus nos idées partent en vrille.

Plus qu’une course contre la montre ou une escalade à la performance, Running Piece nous a laissé l’impression d’une expérience dystopique, où un performeur, seul et en sueurs, réagit aux humeurs d’une machine aux visées nébuleuses.

Dès l’entrée des spectateurs, Fabien Piché marche sur un tapis roulant, face au public, au centre d’une plate-forme surélevée qu’il ne quittera pas. Puis il se met à courir, sous un éclairage blanc et froid qui rappelle les salles d’entraînement. Sa course est athlétique, symétrique, maîtrisée, son visage est en veille.

De légers déplacements de la cage thoracique, l’épaule gauche qui se disloque lentement, les bras qui deviennent ballants, les pieds qui se croisent peu à peu, nous font doucement passer de la course à la danse. Même si les pieds continuent de courir, le corps passe peu à peu dans un autre espace-temps.

Une rotation de la plate-forme nous permet de voir que chaque ralentissement exige ensuite une accélération ou un saut pour que le danseur puisse demeurer sur le tapis. On entend un texte, dont les sonorités laborieuses nous oblige à ne capter que des bribes. On y parle de maison laissée en chantier et de paysage immobile. De vent, de neige et de froid, je crois.

 

Lire la critique complète de Josianne Desloges, dans Le Soleil, le 17 octobre 2018.

Photo : Le Soleil, Pascal Ratthé

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